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CINEMA ASIATIQUE

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 16 Mar 2014, 02:26

Norwegian Wood - La Ballade de l'Impossible (Tran Anh Hung)

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Kizuki, Watanabe et Naoko sont 3 étudiants traînant toujours ensemble. Kizuki et Naoko sont amoureux depuis leur plus tendre enfance. Alors que tout semble bien se passer, Kizuki met soudainement fin à ses jours. Troublé et déprimé, Watanabe décide de s'éloigner de tout et continue ses études à Tokyo. Un an plus tard, il croise Naoko et décide de se côtoyer un moment sans évoquer le passé. Le jour de l'anniversaire de Naoko, ils passent la nuit ensemble et cette dernière disparaît le lendemain. Alors qu'il cherche désespérément à reprendre contact avec elle, Watanabe rencontre Midori, une fille pétillante de son université qui s'éprend immédiatement du jeune homme. Mais Watanabe reçoit des nouvelles de Naoko, elle vit dans une maison de repos et souhaite le revoir...

Tran Anh Hung, le célèbre et talentueux réalisteur franco-vietnamien (Cyclo, L'odeur de la Papaye verte, A la verticale de l'été,...) décide de s'attaquer au roman de Murakami: Norwegian Wood et nous rend une copie plutôt bonne, enfin pour moi qui ne connait pas le livre. Alors j'ai lu pas mal de critiques assez négatives et j'ai du mal à l'être car je n'ai pas lu le roman (mais le film possédant quelques zones d'ombre m'a donné envie de me pencher dessus) et à être totalement objectif car j'adore Tran Anh Hung. Le film possède certes quelques longueurs, est parfois déprimant mais j'ai trouvé le tout esthétiquement magnifique. Certaines scènes sont vraiment sublimes et nous font ressentir énormément d'émotions différentes, les acteurs sont vraiment convaincants et j'ai presque trouvé ça original pour du cinéma Japonais. Tran Anh Hung brise un peu les codes et nous offre une réalisation finalement très proche de ce qu'il fait habituellement mais aussi d'un style "Wong Kar Waiesque" avec de jeunes acteurs nippons très prometteurs.

Il dépeint d'une fort belle manière la fin des années 60 au Japon qui connut également des changements radicaux et des bouleversements et aborde le thème de la mort comme un passage obligatoire dans la vie de tout le monde mais qui est malheureusement omniprésente dans celle de notre personnage principal et donc qui est évidemment la cause de son mal être . Parfois déprimant, parfois plus léger, le film nous berce par son esthétisme et sa musique. Comme d'habitude Tran Anh Hung prend soin de la compo et s'entoure de Greenwood, membre de Radiohead (Radiohead qui était déjà présent dans "Cyclo" avec le célèbre morceau "Creep") pour la BO du film: outre quelques morceaux du monsieur, on entend également certaines chansons de Can et bien sur "Norwegian Wood" des Beatles.

Alors certes c'est long, ça peut paraître ennuyeux mais j'ai été hypnotisé par le travail réalisé par Tran Anh Hung. Pour peu qu'on ne soit pas complètement insensible aux malheurs de nos personnages, on se retrouve vite happé par l'histoire de Murakami. Déprimant et se refermant un peu sur lui même, Watanabe va vite apprendre que la mort est la pire épreuve de la vie. Pris entre l'insaisissable et malade Naoko et la charmante Midori qui reste positive malgré son lot de malheurs, il va après une ultime épreuve prendre conscience qu'il faut accepter, se lancer et continuer d'avancer même s'il sait que le prochain malheur n'est jamais très loin. C'est beau et cruel à la fois, c'est enivrant et ça fout le bourdon, c'est la vie tout simplement... Malheureusement j'ai l'impression que certains personnages du film sont un peu mis de côté pour les besoins de la réalisation, je peux donc comprendre les critiques un peu moins positives donnant l'avantage au roman. Ca n'enlève pourtant rien au charme du film.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Sscrew49 » 11 Avr 2014, 19:50

Je viens de voir Hope. Je préfère éviter de trop en parler au risque de trop en dire.
La surprise n'en sera que plus belle. (et éviter aussi de voir la BA, foncez les yeux fermés, vraiment.)
http://www.senscritique.com/film/Hope/10439851
C'est simplement le meilleur film de ma vie, et même peut-être oeuvre, devant Six Feet Under.
Le plus fort, dur émotionnellement. Le plus beau, aussi.
(PS : si vous le cherchez en vostfr, MP)
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 14 Avr 2014, 19:24

Sscrew49 a écrit:Je viens de voir Hope. Je préfère éviter de trop en parler au risque de trop en dire.
La surprise n'en sera que plus belle. (et éviter aussi de voir la BA, foncez les yeux fermés, vraiment.)
http://www.senscritique.com/film/Hope/10439851
C'est simplement le meilleur film de ma vie, et même peut-être oeuvre, devant Six Feet Under.
Le plus fort, dur émotionnellement. Le plus beau, aussi.
(PS : si vous le cherchez en vostfr, MP)


La description du film me rappelle un peu Secret Sunshine que j'ai beaucoup aimé. Toujours aucune nouvelle concernant une sortie DVD/Blu-Ray?
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 07 Mai 2014, 19:20

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Le dernier Kore-eda est arrivé!

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Nogen » 08 Mai 2014, 18:21

Mon Dieu, Loup Blanc.... je ne croyais pas que tu calais déjà autant. Tu bouges super bien, par contre. :mrgreen:
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 08 Mai 2014, 19:19

Je mets du Pétrole Hahn pourtant... Publicité mensongère! J'avais aussi envie de mettre une cravate mais j'avais peur que ça fasse trop classe, donc je suis resté avec la tenue "chic mais pas trop".
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 22 Mai 2014, 02:49

Tel Père, Tel Fils (Hirokazu Kore-eda)

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Ryota et Midori forment un couple idéal dans une société où la réussite professionnelle passe avant tout. Ryota est obsédé par son travail et méprise l'échec. Il essaie tant bien que mal de le faire comprendre à Keita, son jeune fils de 6 ans qui a hérité semble t-il de la gentillesse de sa mère. Alors que ce dernier s'apprête bientôt à entrer dans une école privée, le couple apprend par la maternité de hôpital que leur enfant a été échangé avec un autre à sa naissance. Ils rencontrent alors Yudai et Yukari les parents de Ryusei, leur véritable fils qui a été élevé dans un milieu totalement différent au leur...

Une autre pièce maîtresse qui vient s'incruster parmi tous les autres chefs-d'oeuvre qui dépeint avec brio l'image de la famille. Plus sobre que "Nobody Knows" ou encore "The Wish", le film se rapproche de "Still Walking". Kore-eda traite une nouvelle fois de manière magnifique d'un sujet délicat qui a fait l'actualité du Japon dans les années 70 où le pays a connu d'innombrables cas d'échanges de bébé. La question ici pour nos deux familles bouleversées par cet événement: privilégier le lien du sang ou celui de 6 années passées ensemble? Pour certains la question ne se poserait peut-être pas, pour d'autres ce serait différent... Tout est question d'éducation, de principes, de fierté, de façon de penser, de cœur... Désorientés ou non par le choix des parents, on ne peut être insensibles à l'incompréhension des enfants face à cet événement qu'ils ne comprendront que bien plus tard. Keita et Ryusei sont obligés de créer des liens avec des gens qui étaient de parfait inconnus jusqu'alors et tenter de couper ceux qui, à l'origine, ne devraient pas être brisés.

Kore-eda marche sur l'eau et, comme d'habitude, nous touche sans chercher à nous émouvoir absolument. La musique est plutôt discrète, l'histoire très terre à terre, le déroulement simple et pourtant si hypnotisant. Il ne tombe jamais dans la facilité et donne à "Tel Père, Tel fils" cette aura si particulière, ce ton si léger dont seul le maître nippon a le secret.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 27 Juil 2014, 17:46

Viens de voir The Raid 2. Moins surprenant et non stop que le premier (normal vu que celui ci était un huit clos qui ne laissait pas vraiment le temps au personnage principal de respirer) mais toujours aussi efficace, violent et fougueux! Le combat de fin est tout aussi spectaculaire, long et maîtrisé que celui contre Mad Dog dans le premier.

D'ailleurs un truc qui m'a perturbé, l'acteur qui joue Mad Dog (Yayan Ruhian) revient dans un autre rôle dans ce second opus... J'ai bien cru au départ qu'il avait survécu (impossible quand on voit la fin du premier), c'est assez déroutant, même si j'aime beaucoup l'acteur.
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Batto » 22 Aoû 2014, 08:52



Trop envie de le voir j'ai adorer le premier film...par contre a quand des sortie française prévu ? :(
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 16 Juil 2015, 03:07

Why don't you play in hell? (Sion Sono)

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Des Yakuzas en pleine guerre, une fille de yakuza qui veut devenir une star, une bande de jeunes réalisateurs de films amateurs et un jeune paumé amoureux victime d'un malentendu. Qu'est ce qui relie tout ce beau monde qui n'a pratiquement rien en commun? La réalisation d'un film!

Toujours un grand moment les films de Sion Sono et toujours difficile d'en faire un résumé tellement ça part dans tous les sens. Enième petit bijou complètement dantesque du réalisateur actuel le plus fou et inventif du Japon. Après avoir enfin fini de regarder la trilogie dites "de la haine" avec le génial et psycho Cold Fish (merci WildSide de rester sur la VOD et ne pas le sortir en DVD/Blu Ray en France alors que le film est déjà dispo depuis longtemps chez les voisins), je suis tombé par hasard sur "Why don't you play in hell?" (promo absente mais le principal c'est que ça sorte). Un vrai plaisir de retrouver quelques têtes déjà biens connues comme Tak Sakaguchi (Sasaki, le Bruce Lee du dimanche), Tetsu Watanabe (le flic) ou encore Jun Kunimura (Muto) qui tient son rôle de chef de clan à la perfection (déjà habitué à le faire dans Outrage) parfois flippant, parfois hilarant, parfois les deux en même temps à l'instar de son speech hallucinant face à Koji (le pauvre type amoureux de sa fille qui se retrouve malgré lui embarqué dans cette histoire). Ce dernier hébété mais écoutant attentivement, cherchant à répondre de la meilleure façon possible pour se sortir de ce merdier. Pour sortir de la brutalité des Yakuza, Sono nous raconte également en parallèle l'histoire d'une bande de jeunes réalisateurs trop passionnés qui passent leur temps à faire des vidéos avec leur vedette qui se prend pour le nouveau Bruce Lee, espérant qu'un jour le Dieu du cinéma leur vienne en aide pour percer. Ces deux groupes (et celui du duo Koji/Mitsuko, la fille de Muto) vont d'ailleurs se rejoindre pour le dernier passage du film, la réalisation d'un film de Yakuza pendant une bataille finale... assez violente tout de même!

Pour mettre dans l'ambiance et pour la musique, Sono a décidé de reprendre certains des morceaux déjà présents dans Love Exposure. Aussi barré et ingénieux que ce dernier, le réalisateur ne lésine pas non plus sur les litres de sang une nouvelle fois (la scène finale étant du grand art et ramène forcément à Tarantino). Barré et ingénieux, c'est la signature maintenant connue du célèbre réalisateur nippon qui continue de nous en mettre joyeusement plein la gueule.



Et la première scène du film carrément "Kawaii" !



Pas eu le temps d'écrire quelque chose sur Cold Fish quand je l'ai vu. Ce n'est plus très frais donc je mets le lien vers le trailer et le recommande chaudement!

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede DanteX » 24 Juil 2015, 09:27

J'ai regardé il y a quelques jours le dernier film de Donnie Yen, "Kung Fu Jungle". J'avais étais déçu de son précédent film "Spécial Id" mais celui la je l'ai trouvé sympa. Pas le meilleur film mais ça se laisse regarder. L'histoire est assez classique mais il y a beaucoup de scène de baston et ça c'est bien même si certaines sont du vu et revu. Par contre il y a pas il est toujours autant efficace Donnie :)
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 16 Juil 2016, 02:10

Un petit message de remerciement pour Arte et son embarquement pour l'Asie qui me fait découvrir des films que je n'avais pas encore pris la peine de voir.

J'avais commencé à regarder "A touch of Zen" (King Hu) jeudi soir, mon attention s'est ensuite portée sur les tragiques événements de Nice :( . J'ai continué grâce au replay disponible sur leur site et je recommande chaudement:

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede shakanico » 18 Juil 2016, 07:24

Quelqu'un a vu The strangers qui est sorti au début du mois au ciné ? Comme d'hab ce genre de film ne sort jamais chez moi :cry:

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_g ... 30868.html
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 07 Juil 2017, 00:20

Ca faisait un petit moment:

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Lorsqu'il s'agit de raconter des histoires simples, saupoudrées de rencontres un peu loufoques et capables de vous arracher un sourire du début à la fin, les réalisateurs japonais sont certainement sur le haut du podium. Et Adrift in Tokyo ne fait pas exception à la règle en nous proposant une ballade fort sympathique dans Tokyo en compagnie de deux personnes que tout semble séparer: un usurier, grande gueule et nostalgique et un étudiant introverti et endetté vivant au jour le jour.

Fukuhara (Tomokazu Miura) fait la connaissance de Fumiya (Jo Odagiri) en s'introduisant dans son appartement pour lui réclamer l'argent qu'il a emprunté. Mais ce dernier, complètement fauché et sans aucune famille, n'a d'autre solution que d'accepter le marché louche que lui propose Fukuhara: l'accompagner pour une balade dans Tokyo de quelques jours en échange d'une grosse somme d'argent pour essuyer sa dette. Suspicieux au départ, Fumiya va rapidement apprendre le but de cette balade et la triste vérité de la bouche de son nouvel acolyte, Fukuhara vient de tuer sa femme et la destination finale de cette balade va droit au commissariat de Kasumigaseki. Mais avant de se rendre, il souhaite une dernière fois marcher dans Tokyo pour y redécouvrir les chemins qu'il a empruntés dans le passé en compagnie de sa femme. Fumiya, lui, ne s'attache pas au passé, ayant été abandonné dès son plus jeune âge, il n'accorde aucun intérêt aux souvenirs. Mais malgré les différences qui les opposent, les deux compères vont petit à petit se rendre compte qu'ils comblent chacun un manque de la vie de l'autre.

Magnifique film de Satoshi Miki, Adrift in Tokyo est une très belle comédie qui ne dépasse jamais les limites ni ne fait dans l'excès de zèle. Un moment de vie sympathique en compagnie de personnages attachants, que ce soit les acteurs principaux ou les rencontres éphémères durant leur trajet. Je ne sais pas si c'est dû à la présence de Tomokazu Miura qui joue dans les deux films, mais ça m'a énormément rappelé The Taste of Tea. C'est également une belle occasion de voir ou revoir Tokyo, ses grandes avenues et ses rues étroites, sa diversité et son excentricité qui font tout son charme.


Dernière édition par Loup Blanc le 07 Juil 2017, 21:27, édité 2 fois.
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede shakanico » 07 Juil 2017, 07:24

C'est au cinéma en ce moment ? Je ne trouve pas le film sur allociné.
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 07 Juil 2017, 15:08

shakanico a écrit:C'est au cinéma en ce moment ? Je ne trouve pas le film sur allociné.


Film de 2007, uniquement sorti en DVD en France.

Pas beaucoup d'infos sur Allociné en effet...
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_g ... 83678.html
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 16 Juil 2017, 01:55

Vu The Strangers.

Résultat:

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Je ne sais pas ce qu'ils comptent encore nous offrir par la suite après ça, mais pourvu que ça dure encore longtemps!
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 20 Avr 2018, 23:21

Pour les fans de Kitano: La Rabbia sort 3 de ses films (L'été de Kikujiro, Hanabi et Kids Return) en version restaurée DVD + Blu-Ray cette année. Kikujiro est déjà sorti ce mois-ci et ils ont fait un excellent boulot.

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Edition digibook (la couverture est sublime) avec Blu-Ray+DVD+Bande Originale du film accompagné donc d'un livret avec quelques anecdotes sympathiques sur le film, les acteurs et Kitano.

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Hanabi prévu pour Juin

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Kids Return prévu pour Juillet
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 10 Nov 2018, 20:31

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Hirokazu Koreeda et Koji Yakusho, voilà la réunion d'un duo qu'on espérait depuis tant d'années et qu'on craignait ne jamais voir. La rencontre d'un des meilleurs acteurs Japonais, capable de tenir n'importe quel rôle et, d'un des meilleurs réalisateurs nippons qui lui doit encore explorer de nombreux genres. Et c'est justement avec The Third Murder qu'il décide de sortir des chemins déjà maintes fois arpentés, celui des chroniques familiales dont lui seul à la recette. The Third Murder est un polar très terre à terre empreint d'un mystère qui ne se dévoile jamais complètement, qui par sa narration et son déroulement très lent, se rapproche de ce qu'a déjà fait Kiyoshi Kurosawa par le passé (Cure ou Séance par exemple). Ce n'est donc pas un pur hasard de voir la vedette fétiche de KK (monsieur Yakusho) jouer dans l'œuvre de Koreeda. A vrai dire, ce ne serait peut-être pas très juste de cataloguer Koreeda à un seul genre, puisqu'il avait déjà exploré une autre époque avec Hana, imagé le passage entre la vie et la mort dans After Life et enrobait d'une magie indescriptible Air Doll. Mais disons qu'il a pris l'habitude d'explorer des thèmes très personnels, notamment les relations familiales, avec une justesse et une finesse exquise. Mais ici avec The Third Murder, il s'attaque au système judiciaire qui n'est pas exempt de défauts, puisque lui-même manipulé en grande partie par des hommes égocentriques. Il tacle au passage la peine de mort qui a encore de nombreux supporters au Japon.

Shigemori (Masaharu Fukuyama) est un brillant avocat de la défense tout juste divorcé qui est constamment plongé dans son travail. Il a tendance à passer ses intérêts et le résultat des procès avant même la vérité, puisqu'il estime que la plupart du temps celle-ci restera inconnue. Un dossier, dont l'issue du verdict est déjà quasi assurée, pointe le bout de son nez: Misumi (Koji Yakusho), déjà inculpé pour meurtre 30 ans auparavant, récidive avec un vol et homicide sur son employeur. Il reconnait les faits et risque la peine de mort mais est constamment entrain de changer sa version de l'histoire, défiant avec une certaine naïveté ses avocats de l'autre côté de la vitre du parloir, donnant l'impression de ne pas se soucier outre mesure de son sort. L'enquête avance, l'épouse de la victime est également ciblée par les déclarations changeantes de Misumi, mais Shigemori commence doucement à douter de la culpabilité de son client. Il s'intéresse de plus près à la fille de la victime, Sakie (Suzu Hirose), qui passait récemment du temps avec Misumi.

Avec son rythme très lent et ses longs dialogues, Koreeda a enveloppé son film dans un brouillard permanent qui ne s'estompe pas au fil de l'histoire, même si on arrive progressivement à déceler les motivations de chacun. Les dialogues font mouche et les face-à-face dans le parloir se révèlent passionnants à écouter. On assiste à une certaine rivalité entre l'avocat et son client qui se transforme petit à petit en intérêt et empathie, simplement séparés par une vitre qui semble absorber la vérité. Car malgré leur statut très différent, les deux hommes partagent beaucoup de choses en commun, dont l'amour pour leur fille malgré les obstacles et les erreurs commises qui ont détruit leur famille, mais également une opinion semblable sur l'injustice du destin qui semble jouer à la roulette pour décider de la vie des gens. L'interprétation de l'histoire et des faits nous mettra directement dans la même position que Shigemori: l'hésitation. Qui croire ou ne pas croire lorsqu'on est entouré de menteurs et de manipulateurs, qu'ils soient du bon côté de la justice ou du mauvais. De plus Shigemori a pendant longtemps fuit la vérité et la réalité en ne pensant qu'à ses propres intérêts. Harmonieusement accompagné par le thème sublime composé par Ludovico Einaudi, le scénario sème doucement l'inquiétude jusqu'à ce que se dessine la conclusion.

Hormis le choix judicieux de donner le rôle de Misumi à Koji Yakusho qui crève l'écran une fois de plus de par son interprétation parfaite (il est difficile de rester insensible au personnage de Misumi), Koreeda a également repris des acteurs déjà apparus dans ses films précédents: Masaharu Fukuyama de Tel Père, Tel Fils et Suzu Hirose de Notre petite sœur. Les deux sont remarquables. Le premier a décidément un talent certain pour jouer les hommes froids et impassible, ce n'est donc pas un hasard de le revoir dans le rôle de Shigemori. Suzu Hirose a vu sa carrière décoller après son interprétation de Suzu dans Notre petite sœur. Elle joue le rôle de Sakie, une jeune fille solitaire, mystérieuse et handicapée d'une jambe, au visage très refermé et parfois inquiétant. Bien qu'assez discrète dans l'histoire, ses apparitions apportent toujours quelques éléments importants. Elle semble être la seule personne à comprendre les moindres actions de Misumi, mais également la seule à détenir le fin de mot de l'histoire. Son incompréhension face au spectacle et au jeu puéril que s'adonnent les adultes au tribunal et ses dernières paroles destinées à Shigemori résument bien la pensée du réalisateur à l'encontre du système judiciaire: "Qui décide qui doit être jugé?". Car au final, nous sommes juste des Hommes imparfaits, avec des lois imparfaites qui jugeons d'autres Hommes imparfaits.




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Il y a des films qui sont difficiles à aborder au premier coup d'œil. Malgré la majorité des critiques positives et très encourageantes qu'a reçus Memories of Matsuko, les premières secondes du film avec ses couleurs agressives et saturées ont tendance à désorienter rapidement: un énième OVNI made in Japan? C'est une éventualité rapidement confirmée lorsqu'on s'aperçoit qu'on est directement balancé dans les fantasmes délirants et le pessimisme déprimant d'un jeune homme ayant perdu ses rêves en cours de route. Shô Kawajiri (Eita) vit seul à Tokyo dans un appartement insalubre, il a vite renoncé à son rêve de devenir musicien pour passer son temps à glander et mater des vidéos porno, négligeant au passage sa petite amie qui commence sérieusement à s'ennuyer. Mais la visite inattendue de son père va venir épicer son quotidien. Il lui apprend l'existence de Matsuko, sa sœur et donc la tante de Shô, qui avait quitté le foyer familial subitement et qui vient de décéder à l'âge de 53 ans. N'éprouvant aucun remord et pressé de rentrer, il confie à son fils le soin d'aller nettoyer son appartement. C'est alors que la vie de Shô va prendre un virage inattendu. A peine entré dans l'appartement de sa tante, il va découvrir la vie mouvementée d'une jeune femme gentille et douce, la tête remplie de rêves mais extrêmement naïve et malchanceuse en amour. Une femme morte seule, ne laissant presque rien derrière, si ce n'est quelques souvenirs impérissables et regrets semés dans l'esprit des gens qu'elle a rencontrés sur son chemin.

Malgré le synopsis assez triste et dramatique, il serait mal venu de croire que les mouchoirs vont s'empiler pendant deux heures. Malgré les défaites et le destin qui s'acharne sur Matsuko, le film fait preuve d'un implacable optimisme. Et pourtant elle en bave! Depuis toute petite, Matsuko rêve de vivre un conte de fées, en grandissant elle ne pense qu'à trouver l'homme de sa vie, celui avec qui elle partagera tout. Son avenir semble tout tracé lorsqu'à 23 ans, elle se fait licencier de son travail de professeur de chant alors qu'elle tente d'aider un de ses élèves, qui finit par se retourner contre elle. Elle fuit alors le foyer familial en pensant sa vie finie et le début des galères commence. Mais malgré un mariage raté plongé dans la violence, les relations amoureuses éphémères et humiliantes, les jobs dégradants la menant à la prostitution, la prison, les coups, Matsuko finit toujours par se relever et se mettre à espérer de nouveau, chantant joyeusement une nouvelle chanson d'amour un peu clichée dans des décors tout droit sortis d'un rêve éveillé. Elle refuse catégoriquement de vivre seule et préfère se retrouver dans une relation douteuse en s'entichant du premier venu, plutôt que de connaitre la solitude. Et malgré de nombreux passages frustrants (car on aimerait tous faire un gros câlin à Matsuko), il n'est pas rare de lâcher un petit rire maladroit lorsqu'on la retrouve par terre après une énième relation désastreuse lâchant un "pourquoi?" désespéré. Tel un cuisinier devant ses fourneaux, Tetsuya Nakashima (Kamikaze Girls, The World of Kanako) a su doser parfaitement les ingrédients de son oeuvre et les émotions déclenchées par l'histoire et le personnage principal, en se moquant gentiment de la naïveté de Matsuko qui continue de donner sans jamais rien demander en retour et, en colorant son œuvre de bout en bout de couleurs pétantes et autres loufoqueries. La façon de filmer l'histoire fait parti de l'originalité débordante dont fait preuve le réalisateur, entre drama Japonais et roman-photo, les expressions et mimics en gros plan et autres mouvements sont souvent surjoués avec l'impression d'avoir mis les dialogues par-dessus et en accélérant le tout x1,5. Ce traitement, qui peut à première vue donner le tournis et quelques nausées aux habitués des films épurés, est en fait très efficace pour apporter l'énergie inépuisable dont fait preuve l'œuvre de Nakashima et réussir à raconter l'histoire originale de Matsuko en deux petites heures sans jamais s'ennuyer.

Lors de sa petite enquête, Shô rencontre toute une palette de personnages hauts en couleur et tous plus originaux les uns que les autres qui vont lui apporter quelques détails supplémentaires sur la vie de Matsuko: le voisin punk antisocial et complètement déjanté qui l'a connue lors des dernières années avant de mourir la décrivant telle une sorcière un peu cinglée, l'actrice porno qui a rencontré Matsuko en prison et qui est devenue sa meilleure amie, le Yakuza et dernière relation de Matsuko qui réalise son mea culpa bien trop tardivement, etc… Shô, habituellement peu enclin à écouter les gens, leur prête une oreille attentive et petit à petit se rapproche de sa défunte tante, voyant en elle un exemple à suivre. Car si le père de Shô est persuadé qu'elle a gâché sa vie, peu de gens ont tendance à vivre les expériences inhabituelles qu'a connues Matsuko, tout en restant soi-même du début à la fin; et cela Shô l'a bien compris, voyant en sa tante un modèle de bonté à suivre. Miki Nakatani, dans la peau de Matsuko, est rayonnante, changeant de look à chaque période importante de sa vie, chantant et dansant, nous arrachant facilement un sourire ou une larme lors des derniers instants de sa vie et le tomber de rideau qui la ramène à la maison. Memories of Matsuko est une petite friandise à savourer sans complexe, une œuvre dure et triste mais compensée par la douceur et la gaieté de son personnage principal, une bande originale soignée qui se mêle parfaitement à la narration dont une comptine qui suit les pas de la jeune femme de son enfance jusqu'à ses derniers instants; mais aussi l'énergie insufflée dans l'histoire par un réalisateur un peu fou.

~Magete Nobashite ohoshisama wo tsukamou...~

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