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CINEMA ASIATIQUE

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 13 Sep 2013, 03:09

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Un terrible tremblement de terre touche la côte de Nagashima (nom fictif en hommage aux 3 crises nucléaires qu'a connue le Japon: Nagasaki, Hiroshima et Fukishima) au Japon, créant en passant un tsunami dévastateur et l'explosion d'une centrale nucléaire. Une zone de sécurité de 20km de diamètre est alors instaurée à l'aide d'une bande jaune qui coupe la localité en deux et passant dans le jardin de la famille Ono qui voit ses voisins se faire évacuer. Sachant que cette bande jaune ne protège en rien sa maison des radiations, le père de famille oblige son fils Yoichi et son épouse Izumi à fuir et quitter la maison sans eux...

"The Land of Hope" retrace la tragique histoire qu'a connu le Japon en 2011 et la terrible crise nucléaire qui perdure encore aujourd'hui à Fukushima. Sion Sono endosse ici le mauvais rôle, celui du perturbateur, celui qui vient déranger le quotidien des Japonais qui ont déjà, pour la plupart, enterré et oublié cet accident et ses faits qui sont aujourd'hui tabou dans le pays du soleil levant. Les producteurs Japonais lui ferment la porte au nez, refusant d'investir dans un tel projet, Sion Sono décide alors de co-produire le film avec l'Angleterre et Taiwan. Il part donc tourner son film aux alentours de Fukushima, bravant parfois les limites et les interdictions imposées par l'état. Il rencontre alors une famille qui vit toujours à la frontière de cette zone de sécurité, c'est alors que son histoire prend forme...

On découvre alors la tragédie sous plusieurs angles et points de vue, à travers 3 générations différentes. Les premiers (Yasuhiko et Chieko) refusent de quitter leur domicile qui se trouve à la frontière, ayant vécu depuis toujours à cet endroit. Ils sont à un âge où il leur sera difficile de tout reprendre à partir de zéro, Chieko étant en plus atteinte d'une maladie qui l'a fait délirer et tout oublier du jour au lendemain. Yoichi, le fils Ono, se voit pousser par son père à quitter la demeure familiale avec son épouse Izumi. Mais Izumi tombe enceinte et une phobie excessive des radiations s'empare d'elle et rend leur quotidien difficile à vivre face aux regards et rires moqueurs des autres personnes qui pensent naïvement être à l'abris. Et enfin le fils des voisins Suzuki et sa copine Yoko qui passent leur temps au milieu des débris causés par le Tsunami pour retrouver la trace des parents de cette dernière disparus depuis l'accident.

Contrairement au titre, Sono n'amène aucun espoir et montre l'absurdité d'une bande jaune qui délimite un danger touchant un pays entier (et même, en partie, le monde entier). Il n'y a donc aucun espoir, juste une volonté d'avancer, de continuer de vivre dans une terre qui est et restera touchée par les radiations. Mais il porte un message clair et tente de bousculer un peuple qui s'est laissé endormir par les belles paroles de son gouvernement: il est important de ne jamais oublier, ni de nier ces faits qui se sont passés et qui pourraient très bien se reproduire.

Sono n'en n'est pas à sa première critique d'une société Japonaise vacillante, mais touche ici l'un des points les plus sensibles du pays avec un film qui sort un peu des sentiers arpentés habituellement par le réalisateur, celui des thrillers provocateurs, glauques et parfois burlesques. "The Land of Hope" n'est pas sa meilleure oeuvre, ni sa plus originale, mais restera surement la plus touchante de sa filmographie avec un message simple qui vient du cœur.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 07 Oct 2013, 03:57

Springtime (Ryu Jang-ha)

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Hyeon-woo musicien et trompettiste vit de la musique et pour la musique. Malgré un certain talent, il n'arrive cependant pas à s'épanouir complètement dans la vie échouant tant au niveau professionnel que sentimental. Fatigué de faire de petits boulots sans grands intérêts, il échoue une énième fois à une audition. Apprenant que son ex petite amie avec qui il est resté très proche va se marier, il décide d'accepter à contre cœur une offre d'emploi d'enseignant, las de sa situation. Il quitte alors Seoul pour une petite ville minière et rencontre sa nouvelle classe de jeunes musiciens rêvant de gagner le concours annuel. Cette nouvelle vie va alors effacer petit à petit les doutes et les tourments de notre musicien…

Un petit film très beau et très agréable de Ryu Jang-ha avec de nouveau un Choi Min-Sik éblouissant par une interprétation juste et touchante. En plus de savoir jouer les méchants ou les anti-héros obsédé par la vengeance, il nous prouve une fois de plus qu'il sait aussi jouer les personnages simples à l'image de ce quarantenaires torturé par ses doutes, ses échecs et sa perpétuelle remise en question. Il est accompagné par une bande de jeunes acteurs très sympathiques, passionnés mais souvent critiqués par les autres enseignants à cause de leur rêve sans avenir, dans une ville où la génération précédente galère pour survivre et faire vivre leur famille. Quid de la musique pour un film évoquant justement ce thème? Et bien c'est une franche réussite avec une BO soignée et portée par de belles mélodies (dont le thème principal) et des thèmes connus joués à l'occasion dans le film par le jeune orchestre (Emblem of Unity par exemple). Je ne sais pas si ce sont de vrais musiciens mais ça reste un plaisir pour les oreilles.







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Thirst (Park Chan-wook)

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Sang-Hyun est un jeu prêtre qui assiste et s'occupe de patients mourants jusqu'à leur dernier souffle. Fatigué de ce rôle, il souhaite se rendre vraiment utile en évitant la mort à d'autres. Contre l'avis des autres prêtres, il se rend en Afrique et se porte volontaire pour tester un vaccin contre un virus mortel. Mais l'expérience tourne mal, le vaccin n'a aucun effet, Sang-Hyun voit sa peau se remplir de cloques, se vide de son sang et finit par succomber comme tous les autres patients. Mais ce dernier revient miraculeusement à la vie après une transfusion sanguine d'origine inconnue. De retour en Corée, il est vu comme un miraculeux et un sauveur. Mais la vie de Sang-Hyun est entrain de basculer du mauvais côté lorsqu'il se rend compte que son corps a évolué, que ses sens sont développés, qu'il a sans cesse envie de sang et qu'il en a surtout besoin pour empêcher la maladie de se développer et de l'affaiblir. Il rencontre alors un vieil ami d'enfance vivant avec sa mère et sa femme, Tae-ju, recueillie dans son enfance alors qu'elle fut abandonnée par ses parents. Vivant un véritable calvaire et désirant fuir cette famille encombrante, la jeune femme arrive à séduire Sang-Hyun déjà sous le charme. Perdant peu à peu son humanité, ce dernier va alors renier ses principes et sa foi en succombant aux charmes de sa Tae-ju qui cache bien son jeu...

Alors celui-là, ça faisait longtemps qu'il traînait sur mes étagères mais je n'avais jamais pris le temps de le regarder. C'est chose faite! Après Choi Min-sik, quel plaisir de retrouver un autre grand nom du cinéma coréen, Song Kang-ho, dans un film du maestro Park Chan-wook. Second film après sa célèbre trilogie vengeresse ("Je suis un cyborg" étant sorti quelques années plus tôt), le réalisateur revisite de façon originale les contes et légendes de vampire. Nous prenant au passage à contre pieds par rapport au pitch du film qui nous annonce principalement une histoire d'amour impossible entre une femme et un vampire. On s'attend donc à une histoire "déjà vu", néanmoins curieux de voir ce que peut apporter de nouveau Park Chan-wook. Mais c'est sans compter sur l'esprit tordu (et coréen :p) du célèbre réalisateur qui fait prendre au film un virage à 180° nous présentant plutôt un amour tordu et glauque, alignant les scènes macabres avec la folie qui envahit progressivement les personnages. Le duo Song Kang-ho et Kim Ok-bin est juste magistral, un couple hors norme, beau au premier abord, il se révèle détestable une fois les masques levés pour finalement nous laisser entrevoir de nouveau quelque chose de pur dans les dernières minutes du film. Le petit truc qui nous empêche de haire complètement les deux protagonistes, la petite lueur qui embellit cet amour dévorant et malsain, la petite touche de Park qui arrive à nous faire aimer ses personnages, à les rendre touchant même lorsqu'ils perdent le peu d'humanité qui leur reste. Une oeuvre magnifique qui vient s'ajouter à une filmographie déjà parfaite.



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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 17 Nov 2013, 02:47

Pour ceux qui veulent rattraper leur retard ou qui ont juste envie de revoir une partie de la filmo du maître Hong-Kongais, ARP réédite "La révolution Wong Kar-wai" en y ajoutant "les cendres du temps" en DVD et surtout "Blu-Ray". Sortie prévue le 19 de ce mois. 59.99€ sur Amazon pour le coffret BR.

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Elle fait un peu chier la bande bleue toute moche avec le rouge mais bon... Dire que j'en ai chié pour trouver la première édition comprenant 4 films il y a quelques années ou alors il fallait débourser 80 à 150€ en occasion. J'avais fini par retourner le net pour le trouver sur le marketplace allemand d'Amazon encore neuf sous cello à une trentaine d'euros. J'ai réussi à le revendre récemment au même prix (et oh miracle! Depuis une ou deux semaines on trouve plein de coffrets à une trentaine d'euros) pour acheter cette version Blu-Ray.

Merci à ARP! On fête ça en musique!



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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 24 Nov 2013, 20:08

The Taste of Tea (Ishii Katsuhito)

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Les Haruno habitent une petite ville de montagne près de Tokyo. Sachiko, la cadette de huit ans, cherche à faire disparaître son double géant. Hajime, son frère, lycéen, vit son premier amour.
Yoshiko, la mère, décide de sortir de sa retraite pour faire un retour très remarqué dans le monde du film d'animation, sous le regard de son mari, Nobuo, qui pratique l'hypnose thérapeutique.
Quant au grand-père, ses excentricités inquiètent toute la famille.


Synopsis original pour un film qui l'est tout autant. Chronique familiale un peu farfelue, "The Taste of Tea" nous permet de suivre les moments simples des Haruno, saupoudrés d'une pointe d'extravagance ou de ridicule propre aux comédies japonaises. Ca passe ou ça ne passe pas, un peu à l'image des comédies burlesques de Kitano telles "Getting Any?" ou "Glory to the Filmmaker", mais ça a le mérite de toujours nous faire sourire jusqu'aux dernières minutes du film. Les effets spéciaux sont ridiculement mauvais mais surement assumés, étant là avant tout pour servir l'aspect narratif, poétique et enfantin du film. A l'exception de quelques têtes connues comme le remarquable Tadanobu Asano et la petite apparition toujours très sympa de Susumu Terajima (loin d'être merdique malgré l'étron qu'il promène sur sa tête), les acteurs sont pratiquement tous méconnus du public et nous livrent une prestation raisonnable. Mention spéciale à la petite Maya Banno qui joue Sachiko, préoccupée quotidiennement par sou double géant qui la suit partout (elles sont vraiment trop kawaï ces petites actrices japonaises). Une famille entourée de personnages plus ou moins loufoques (des geeks cosplayers, un danseur blond peroxydé un peu particulier, des yakuzas dérangés, ...) dont les moindres faits et gestes sont suivis par une voix off très douce qui impose un rythme lent et tranquille tout au long de l'histoire.

Bref "The Taste of Tea" est une comédie rafraîchissante qui ne plaira pas forcément à tout le public occidental, de par son humour un peu particulier. Mais ce seront 140 minutes de pur bonheur pour ceux qui sont prêts à se laisser lentement entraîner dans le rythme paisible de cette vie de famille à la campagne et qui amène à la fin , comme souvent dans les productions nippones, une réflexion personnelle.


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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 26 Nov 2013, 04:05

Bashing (Masahiro Kobayashi)

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Japonaise enlevée au Moyen-Orient alors qu'elle y effectuait du volontariat, Yuko est de retour dans son pays natale après des mois de captivité. Mais les Japonais rejettent l'ancienne otage, la couvrant d'injures et de menaces. A la mort de son père, le seul être à ne pas montrer d'hostilité à son égard, la jeune femme décide de regagner le Moyen-Orient...

Kobayashi, à l'image de ce qu'a fait récemment Sion Sono avec l'incident nucléaire, s'est attardé en 2005 sur un sujet d'actualité brûlant: la prise d'otages japonais en Irak et leur libération contre rançon. De retour au pays, ces derniers ont été très mal accueillis par les citoyens et surtout par les hommes politiques, leur faisant endosser la responsabilité de la somme colossale dépensée pour eux, de l'embarras qu'ils ont causé à leur pays. Là où le moindre chaînon qui pose problème se met à dos tout un collectif engagé dans une course économique effrénée.

A l'image de cette jeune fille dans "Bashing", Yuko, qui pourtant partie pleine de bonnes intentions, revient sur ces terres non en tant que héroïne (comme c'est le cas chez nous malgré certaines mauvaises langues) mais avec l'image d'une traîtresse, un boulet, une source de honte, pour y subir tout un tas d'odieuses réprimandes. "Le bénévolat c'est bon pour ceux qui ont du temps et de l'argent" lui lance en pleine figure son ex. "Avec le bénévolat, les actes désintéressés, au mieux tu embarrasseras les gens, mais en tout cas tu ne seras jamais félicitée" avait prévenu son père.

Sans musique (mis à part la chanson du générique) et avec très peu de dialogues et le décor d'une ville côtière terne bordée de zones industrielles, Kobayashi réalise une oeuvre froide et critique le comportement honteux d'une société qui avance trop souvent tête baissée et qui a du mal à prendre le temps de se remettre en question, de se soulever et de s'exprimer librement sur les sujets qui dérangent et qui font mal. L'aspect d'un pays pourtant charmant qu'on aimerait ne plus voir.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 27 Nov 2013, 02:47

Eureka (Shinji Aoyama)

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A Kyushu, dans la préfecture de Fukuoka, face au traumatisme subi par la violente prise d'otage d'un bus, 3 rescapés voient leur vie basculer: Makoto, le chauffeur du bus disparaît sans laisser de nouvelles, Kozue et Naoki deux jeunes frères et soeurs s'enferment dans le silence. Deux années s'écoulent, Makoto refait surface alors que les deux enfants voient leur mère quitter le foyer et apprennent le suicide de leur père effondré. Soupçonné d'abord par sa famille d'une étrange vague de meurtres envers des jeunes femmes, Makoto quitte de nouveau la demeure familiale pour emménager chez les deux gamins livrés à eux-même, s'obstinant à rester muet. Il ne tardera pas à être rejoint par Akihiko, le cousin de Kazuo et Naoki, chargé de les surveiller et envoyé par la famille qui convoite secrètement l'argent de l'assurance touchée pour le décès du père.

La série de meurtres continuent et la police commence à suspecter à son tour Makoto. Las de cette situation et voyant les enfants sombrer toujours plus profondément, il achète un vieux bus d'occasion et décide d'emmener Kozue et Naoki accompagnés d'Akihiko dans un voyage qui débutera par l'itinéraire du cauchemar qu'ils ont vécu, leur permettant de faire face et se libérer des démons du passé afin de repartir de zéro.


Film de 3h30, en noir et blanc/sépia, il y a de quoi en effrayer plus d'un. Pari risqué pour Shinji Aoyama mais pari réussi. 3h30 avec la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés, un pur chef-d'oeuvre digne d'un réalisateur en fin de carrière qui nous balance toutes ses tripes et l'expérience qu'il a acquise. Bluffé dès les premières minutes par la beauté artistique du film et l'histoire cruelle mais touchante de ses 4 personnages principaux (en comptant Akihiko qui a connu lui aussi une expérience traumatisante) qui essaient de prendre un nouvel envol après le traumatisme qu'ils ont subi, partant sur la route dans une sorte de pèlerinage qui va leur permettre de tout oublier, de se purifier, de renaître... Koji Yakusho (Makoto), touchant et magnifique comme à chacune de ses apparitions, se voit partiellement "nettoyé" après sa première absence de deux ans, confie sa vie et décide de partager son expérience avec les deux enfants perdus (Kozue et Naoki interprétés par la jolie Aoi Miyazaki et Masaru Miyazaki), refermés sur eux mêmes et abandonnés par leurs parents, les seuls adultes qui étaient encore en mesure de pouvoir les soutenir et les sortir de leur mutisme.

Difficile d'en dire plus, "Eureka" est un film à voir, une expérience à vivre, une oeuvre majeure (trouvable à petit prix) à avoir dans sa ludothèque et à faire partager aux proches les moins réticents à l'idée de voir un film sans couleurs (mais resplendissant) de 3h30.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Vincent Vega » 27 Nov 2013, 17:44

Sacré pelloche en effet ce Eureka. :bravo:
Un film parfait pour Tsu'... :mrgreen:
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 27 Nov 2013, 23:31

En lisant l'autre topic sur le cinéma, en effet, j'imagine déjà la tête de Tsubasa devant le film. Un point positif quand même, il n'y a pas de cheval dedans. :mdr:

Mais oui, quel film!Je me le repasse encore dans la tête avec notamment les dernières minutes: le geste fort de Kozue et le dernier plan sur son visage. Ce qui est quand même incroyable, c'est qu'on a déjà vu des acteurs expérimentés capables de jouer sans avoir besoin de parler et qui font passer un tas d'émotions (Kitano pour prendre un exemple et rester sur le cinéma Japonais) mais les deux gamins qui sont aussi frère et sœur dans la vraie vie sont hallucinants. Et surtout Aoi Miyazaki qui crève l'écran! Alors c'est sur, son visage d'ange aide énormément mais certaines avec le même visage n'ont pas eu la carrière qu'elle a aujourd'hui (elle avait 13 ou 14 ans à l'époque du tournage) même si on adhère pas forcément à tout sa filmo. Elle joue quand même aux côtés d'un des plus grands acteurs Japonais! Ca aide ou ça fout la pression, surement un peu des deux, mais elle n'a pas à rougir tellement elle est superbe.
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 29 Nov 2013, 02:12

City of Life and Death (Lu Chuan)

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Chine, 1937.
Aux portes de Nankin, capitale de la Chine, l’armée impériale japonaise lance l’offensive. À l’intérieur, les soldats chinois sont totalement désorganisés. Certains veulent se rendre, d’autres s’y opposent par la force, alors que l’essentiel des troupes et une partie de la population civile ont déjà été évacués. Les remparts sont détruits par des tirs de chars. Les soldats japonais entrent dans la ville fantôme avec ordre de ne pas faire de prisonniers. Le « Massacre de Nankin » est en marche. Parmi les soldats japonais, le jeune Kadokawa prend part à la mise à sac de la ville tout en l’observant avec effroi. Du côté chinois, les soldats sont exécutés en masse, et les femmes de tous âges violées. Les nombreux civils qui n’ont pu être évacués tentent de s’organiser pour survivre…


Après "The Missing Gun" et le magnifique "Kekexili", Lu Chuan décide de s'attaquer à un sujet tabou en Chine: le massacre de Nankin (qui a causé la mort de 300 000 personnes selon les chiffres et les documents chinois et 200 000 selon le Japon). Sujet qui, encore aujourd'hui, attise la haine d'une majorité de Chinois envers leurs voisins qui continuent de nier cette tuerie et de rendre hommage à leurs criminels de guerre. La première idée de Lu Chuan était de faire un film type hollywoodien avec un héros chinois en premier plan et tout le tsouin-tsouin qui va avec (sauveur, rescapé, les larmes, etc...). Mais ce n'était pas ce qu'il ressentait au fond de lui. Il voulait avant tout coller le plus possible aux faits historiques et essayer d'enlever cette image de "monstre" qui collent à la peau des Japonais (ou du moins des soldats car à l'époque une grande majorité du peuple Japonais ignoraient tout de ce qui se passait en Chine). C'est donc principalement à travers les yeux d'un jeune soldat japonais, Kadokawa, qu'on assiste à cette invasion insensée et les tueries qui suivent. Arrivé motivé, comme la plupart des troupes, Kadokawa perdu et impuissant va vite se rendre compte de l'absurdité des événements qui semblent le dépasser complètement: des soldats et tout homme soupçonnés d'être militaire sont fusillés, pendus, décapités, brûlés vifs, on ne garde aucun prisonnier, certains enfants sont tués et les femmes violées. Cela va aussi permettre au réalisateur de filmer le camp Japonais et leurs activités, leurs bavardages, les liens qui les unissent. Kadokawa va d'ailleurs connaitre son premier amour aux côtés d'une fille de joie Japonaise envoyée pour distraire les troupes. Ca ne les rend pas plus attachants, ça les rend juste moins monstrueux bien que certains laisseront un très mauvais souvenir aux spectateurs. Cette volonté de Lu Chuan d'aller à contre courant par rapport aux pensées de son pays va d'ailleurs lui valoir des menaces de certains citoyens et une vive critique des Nationalistes chinois. Mais le point de vue du réalisateur reste néanmoins très clair: il y a bel et bien eu un massacre! Les gens sont traités comme du bétail malgré le courage de quelques étrangers qui s'opposent aux militaires Japonais et essaient d'instaurer tant bien que mal une zone de sécurité enfreintes à maintes reprises. A l'image de John Rabe, cadre allemand et fervent partisan nazi qui va utiliser l'alliance Allemande/Japonaise pour gérer les soldats nippons et protéger au mieux les réfugiés chinois ou de Minnie Vautrin gérante américaine d'un pensionnat pour filles.

Les Chinois lui reprochent donc d'être trop complaisants envers l'adversaire et curieusement de l'autre côté, en occident, on n'hésite pas à taxer le film de "propagande chinoise". Pour ma part j'ai vu un film d'une beauté froide, cruel, très dur, parfois à la limite de l'insoutenable, mais extrêmement touchant et souvent très juste dans les propos et la réaction des personnages, parfois même dans la non réaction des autres face aux actes odieux que subissent les civiles chinois (qui rappelle beaucoup "Outrages" de De Palma). La dure réalité d'une guerre, si on peut encore appeler ça une guerre... autant dire une boucherie. L'invasion, ayant été ordonnée avant l'accord des dirigeants Japonais, échappa malheureusement à toutes les conventions. Film à absolument voir même pour ceux qui connaissent l'histoire de Nankin. Prévoir des mouchoirs pour les plus sensibles.

A noter que le film est suivi d'un documentaire très intéressant (présent dans les bonus du DVD/Blu Ray) qui montre qu'en plus des révisionnistes et nationalistes Japonais qui s'opposent farouchement à la reconnaissante du massacre de Nankin (allant même jusqu'à porter plainte contre les survivants, c'est juste honteux...), il y a aussi quelques personnalités importantes qui œuvrent pour rentrer définitivement ces faits dans les livres scolaires nippons et qui travaillent très dur pour recueillir les déclarations (parfois très écœurantes) des soldats Japonais présents à ce moment là. L'un d'eux étant mort peu après avoir vidé son sac, sa belle fille ne l'avait jamais vu aussi apaisé, comme s'il était déchargé d'un poids qu'il portait sur ses épaules depuis plus de 60 ans.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 04 Déc 2013, 04:04

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Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés après le divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, âgé de 12 ans, part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l’île, tout près de l’inquiétant volcan Sakurajima. Son petit frère, Ryunosuke, est resté avec son père, guitariste rock, au nord de l’île. Koichi souhaite par-dessus tout que sa famille soit à nouveau réunie – même si cela doit passer par l’éruption dévastatrice du volcan !
Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les 2 régions, Koichi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques amis jusqu’au point de croisement des trains, où un miracle pourrait, dit-on, se produire… Verront-ils se réaliser leurs vœux secrets ?


4 Décembre 2013, le jour où le malheur vint s’abattre sur ma tête! J'arrive à la fin de la filmo Kore-Eda et vais devoir attendre avec impatience la sortie de "Tel père, tel fils". Dur dur après cette énième baffe de cet énième film de ce grand monsieur qu'est Hirokazu Kore-Eda. Après le sublime "Nobody Knows", il remet de nouveau en scène toute une bande de jeunes acteurs débrouillards très attachants. C'est ironiquement par un événement malheureux, le divorce d'un couple et la séparation de deux frères, que va commencer cette histoire très sympathique et pleine de joie de vivre d'une bande de gamins entreprenant un petit voyage afin de réaliser leur vœu le plus cher.

Vivant à Kagoshima avec sa mère et ses grands-parents, au sud de Kyushu, Koichi nostalgique du temps passé avec ses parents et son frère désire voir le volcan Sakurajima exploser pour déménager et espérer reformer sa famille. Son frère, le très énergique Ryunosuke qui habite Fukuoka au nord de Kyushu a l'air de plus ou moins apprécier cette situation où il vit avec son père et ses amis musiciens, lui qui ne pouvait plus supporter les disputes incessantes de ses parents. Les rumeurs racontent que le point où se croise deux TGV permet de réaliser n'importe quel vœu. Koichi décide donc de revoir son frère qu'il n'a pas vu depuis 6 mois et d'aller souhaiter tous les deux la même chose, accompagnés de leurs amis respectifs qui attendant eux aussi le miracle qui réalisera leur souhait personnel.

Une histoire simple, de gosse, qui nous ramène en enfance durant deux petites heures en compagnie de 7 mômes prêts à gober naïvement les histoires et rumeurs qui les entourent, prêt à croire et à faire n'importe quoi pour voir leurs vœux se réaliser. Parfois puérils, très personnels ou égoïstes, ces vœux changeront au fur et à mesure qu'ils s'approcheront du lieu recherché, les expériences vécues, les histoires entendues les faisant grandir et voir le monde sous un nouvel angle. Une belle leçon de moral donnée une fois de plus par des enfants, des diamants bruts polis par Kore-Eda, ce talent qui n'en finit plus de nous surprendre.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Vincent Vega » 04 Déc 2013, 10:25

Tu regardes du lourd en ce moment! City of Life and Deatch est vraiment excellent!!!!
I wish, j'ai le DVD mais toujours pas vu. Je le remonte en haut de ma pile en attente.
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 04 Déc 2013, 19:07

Je rattrape doucement mon retard accumulé depuis plusieurs années. :mrgreen: Pour "I wish", si tu as aimé les autres films de Kore-Eda, ça passe tout seul.
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 13 Déc 2013, 05:15

Love Exposure (Sion Sono)

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Yu vit dans une famille chrétienne, il se souvient encore de sa mère avant qu'elle ne succombe à une maladie: "tu trouveras toi aussi l'amour un jour, tu trouveras ta Marie" lui disait-elle. Suite à la perte de son épouse, son père s'est reconverti prêtre. Ses discours étaient toujours chaleureux jusqu'à ce qu'il connaisse une mauvaise passe, il demanda alors à Yu de venir se confesser chaque jour. Ce dernier, toujours droit et respectueux, pour faire plaisir à son père, va alors commencer à inventer des choses, à pêcher intentionnellement en commettant des gestes presque insignifiants qui ont le don d'énerver son père. Rejeté, il décide alors de rentrer dans un gang de casseurs et de rebelles jusqu'à franchir le seuil de la perversion, devenant ainsi un être abjecte aux yeux de son père, mais un être enfin reconnu. Il deviendra rapidement le pro des voyeurs, photographiant avec habileté les petites culottes des femmes qu'il croise dans la rue, jusqu'au jour où il rencontre celle qu'il attendait depuis son enfance, Yoko sa "Marie", une fille atypique qui est loin d'avoir un passé très jovial et qui voue une haine profonde envers la gente masculine...


Je voulais le voir d'une seule traite et c'est enfin fait. Quand on lit le synopsis et qu'on voit la durée du film (3h57, bien que le film devait durer 6h à la base), on a une soudaine envie de faire marche arrière. Mais les critiques élogieuses des spectateurs qui ont pris la peine d'y jeter un oeil et le nom du réalisateur nous retiennent. C'est avec des suées que je plonge le disque dans mon lecteur, je m'assois confortablement. Le film commence avec la voix de Yu (Takahiro Nishijima), un jeune homme empli de foi qui raconte son enfance (cette voix va d'ailleurs nous suivre directement ou indirectement telle une voix off tout au long du film), je suis vite happé par cette histoire qui démarre d'une façon chaleureuse malgré le malheureux événement qui prend la vie de sa mère, suivie d'une fort belle manière par des thèmes classiques très connus (le Bolero de Ravel ou la Symphony No.7 de Beethoven) qui interviennent toujours pile poil au bon moment en ajoutant une pointe d'intensité. Mais une trahison va amener son père, toujours très positif et bon, à voir les gens d'une autre manière, même son propre fils. Il demande alors à Yu d'aller se confesser chaque jour. Le pauvre Yu, désespéré, mène une vie des plus tranquilles sans aucune mauvaise pensée. Il va alors mentir, son père va le remarquer. Il va pêcher intentionnellement, mais ces gestes insignifiants vont agacer son père qui va commencer à prendre ses distances. Yu va alors entrer dans un gang qui va rapidement lui conseiller de tomber dans la perversion s'il veut réellement énerver son père. On lui révèle alors que la vérité de la vie se trouve dans l'entrejambe des femmes. Il suit un entrainement intensif et devient vite le roi des pervers et photographie à la volée sous les jupes des femmes qu'il croise dans la rue et se fait rapidement tabasser par son paternel énervé. Sa vie va encore se compliquer quand il sera pris en flagrant délit par Koike (Sakura Ando), une fille mystérieuse qui va alors suivre ses moindres faits et gestes et quand, suite à un pari perdu, il va devoir se travestir en femme et sortir tel quel dans la rue. C'est à ce moment là qu'il rencontre Yoko (Hikari Mitsushima), sa "Marie" qu'il désirait tant, prise dans une baston avec plusieurs hommes pas très nets. Yu va alors lui prêter main forte et le problème va se poser: relation tendue avec les hommes, une femme qui vient la sauver, Yoko éprouve soudainement un désir inattendue pour une personne du même sexe.

La seconde heure commence déjà à être plus malsaine. L'histoire va alors nous montrer le passé sombre de Koike et Yoko. Les vices de Sion Sono réapparaissent rapidement, il prend alors plaisir à détruire l'ambiance délirante qu'il a mise en place, en nous montrant les côtés sombres des Hommes, les scènes sont glauques, les giclées de sang abusives font leur apparition (notamment une scène complètement "WTF" made in Sono qui fait mal là où il faut), on éprouve vite un autre sentiment envers les personnages un peu tordus du film, comme Koike qui montre un visage impassible mais qui a littéralement pété un plomb.

Sono construit pour mieux détruire, reconstruit pour recommencer à tout foutre en l'air, à l'image de cette famille de croyants déjà bancale à la base qui va finir par se reconstruire doucement pour retomber d'encore plus haut. L'apparition d'une secte, l'église zéro, n'arrangeant rien aux affaires des personnages qui vont connaitre une descente aux enfers. On ne voit pas les 4h passées, on se mange des crampes à la mâchoire à force de passer du sourire aux dents serrés, à la bouche béate devant tant de folie. Oui car Sion Sono est fou, ce n'est pas nouveau certes, mais il prouve qu'en plus d'être cinglé il a des couilles pour nous sortir un film de 4 heures qui s'essouffle rarement (peut-être quelques dizaines de minutes un peu plus molles en milieu de film), qui sait rester cohérent et ne pas nous perdre dans une masse d'évènements incompréhensibles. Incontrôlable, tordu, "Love Exposure" démontre la vérité d'un vieux proverbe: "plus c'est long, plus c'est bon!". Nouvel Ovni du provocateur Sono, nouvel orgasme. Pour résumer en 2 mots: quel pied!

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Vincent Vega » 19 Déc 2013, 01:23

Je continue ma rétro Kitano (que j'espère finir avant 2020, le temps étant une denrée rare :( )

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Hana-Bi - Takeshi Kitano - 1997


Hana-Bi est le film qui m'a fait découvrir le cinéma japonais.C'était il y a 16 ans et ma vision du cinéma était réduite à sa plus simple expression avant ce choc émotionnel. Ma géographie ciné se résumait alors aux Etats-Unis, à la France et un peu à Hong-Kong. On tient ici, et de manière incontestable, le chef d'oeuvre qui a permis à notre chère patrie de découvrir un artiste majeur et surtout très complet. Jean-Pierre Dionnet s'est occupé du reste, grâce à lui. Un cinéaste rugueux, un visage crispé par des tics nerveux (conséquences de son accident de moto) et des films emprunts de mélancolie, de poésie, et sur lesquels planent l'ombre de la mort mais aussi un parfum d'écume provenant de la mer, paradis sur terre représentant une échappatoire aux maux de la vie. A ce stade de sa filmographie, et tout comme Sonatine, Hana-Bi est un film somme. Si vous devez voir deux films du cinéaste, ce sont ceux-là.

Interprétant un flic mutique au bout du rouleau (Nishi), mais aussi un homme brisé par la mort de sa fille et la maladie incurable de sa femme, Kitano ouvre son coeur. Là où de nombreux cinéastes tartineraient leurs pellicules de pathos indigeste, il fait dans l'épure et la sobriété. A quoi bon s'apitoyer lourdement sur la mort et la maladie alors qu'elles font simplement partie de la vie. Cette caractérisation minimaliste de thématiques graves peut être rapprochée de ses talents de peintre. Dans cet art, tout est concis, réduit à sa plus simple expression. Un torrent d'émotions peut vous envahir par le biais d'une simple "image". Le cinéma de Kitano est donc à l'avenant, tout est concret, rien n'est fioriture. A l'image de la violence sèche dont ne se départit jamais ses films, un regard ou un sourire en disent plus long qu'un dialogue.

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Un pont se crée entre ses deux formes d'expressions (le cinéma et la peinture) via le personnage du flic et ami blessé dans une fusillade. Retraité forcé, il envisage de se mettre à la peinture pour occuper ses journées. Kitano lui achète tout le matériel nécessaire et la destinée tragique de ce dernier s'illustre alors au travers des toiles qui émaillent le film. Elle sont évidemment l'oeuvre du maître et s’intègrent parfaitement à l'ensemble. Elles résument à elles seules le voyage funeste que vont entreprendre Nishi et sa femme. Criblé de dettes contractées auprès de yakuzas, fatigué de faire justice dans une société sans morale, il s'évade avec elle en silence (il y a peu de dialogues, on ne refait pas le bonhomme). Un périple rédempteur au cours duquel ils ne cessent de s'avouer tout l'amour qu'ils se portent. Tout comme dans ses précédents films, l'humour et la flânerie s'invitent à la table du réalisateur, le tout étant sublimé par la magnifique partition de Joe Hisaishi, le complice qui décuple l'impact émotionnel des images qui nous sont offertes.

Dès les premières minutes d'Hana-Bi, l'issue tragique ne fait plus aucun doute et pourtant, même préparé, elle fend le cœur. La marque d'un artiste sûr de sa force, qui n'a besoin d'aucun artifice (notamment technique, toujours la faiblesse de Kitano même si on tient ici l'une de ses réalisations les plus maîtrisées) et qui jette à l'écran toute sa personnalité et son vécu pour captiver son audience, la secouer avec sa violence abrupte, l'émouvoir par sa poésie ou la faire rire avec ses délicieuses ruptures de ton qui lui sont propres. Pas d'euphémisme, Hana-Bi est un chef d'oeuvre.

9.5/10
I'm the motherfucker who found this place!
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 19 Déc 2013, 03:58

Hana-bi, mon préféré!
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 03 Jan 2014, 22:51

New World (Park Hoon-Jung)

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Suite au décès du patron de Gold Moon, le plus important syndicat du crime en Corée du Sud, une bataille de succession fait rage entre Jung Chung, le numéro 2 au sein de l’organisation, et Lee Joong-gu, le numéro 3. Afin de surveiller et de contrôler cette transition, la police met en place l’opération “New World” et fait appel pour cela à Lee Ja-sung, un officier infiltré depuis de nombreuses années dans le syndicat. Mais alors, à la police ou à l’organisation criminelle, à qui Lee Ja-sung doit-il finalement sa loyauté ?

Quand le scénariste du phénomène "J'ai rencontré le diable", Park Hoon-Jung, passe en plus derrière la caméra, réalise un film sur l'univers des gangsters qu'il affectionne tant et s'entoure des ténors du cinéma coréen tels Choi Min-Sik qu'on ne présente plus, Hwang Jung-Min (peut-être moins connu ici mais très célèbre dans son pays, il a notamment joué dans "The Unjust" et "A bittersweet life") ou encore Lee Jung-jae ("The Housemaid"), ça donne "New World".

Derrière ce titre de derrière les fagots et une jaquette (celle du DVD/Blu Ray) qui ne met pas forcément en appétit se cache un film solide, réalisé soigneusement avec une histoire prenante interprétée par un casting en béton armé, un scénario déjà repris par d'autres mais qui a le mérite de nous tenir en haleine jusqu'à la fin. "New World" (berk! Décidemment je ne m'y ferai jamais) nous plonge dans une histoire de mafieux en pleine élection pour trouver son nouveau boss, les flics profitent de cette opportunité pour tenter un coup ultime: le projet New World (ha bah voilà l'explication de ce titre moisi). Kang (Choi Min-Sik), un flic provocateur, aux vieilles méthodes et peu concerné par ce qui l'entoure va alors ordonner à Ja-Sung (Lee Jung-Jae), flic infiltré depuis presque 10 ans d'exécuter sa dernière mission. Ce dernier pratiquement à bout, frôlant le point de non retour à une vie normale, sera alors charger d'espionner une ultime fois son associé et l'un des prétendants au poste: Jung Chung (Hwan Jung-Min) rival de Lee Joong-Gu (Park Seong-Woong), un autre gros bonnet assez impulsif qui désire plus que tout accéder en haut de la hiérarchie. Ja-Sung ne sait malheureusement pas qu'il fait parti du plan très bien ficelé mais extrêmement dangereux de Kang qui joue le jeu du chat et de la souris et n'hésite pas à mettre en péril la vie des agents engagés dans cette histoire pour atteindre ses objectifs et détruire définitivement cette organisation en essayant de placer son poulain le plus haut possible.

On ne déroge pas aux règles habituelles des films du genre: castagne, coup bas, provocations et trahisons à gogo. Si Lee Joong-Gu reste surement le type le plus détestable de l'histoire du début à la fin, on s'attachera assez rapidement à Jung Chung le mec bling bling et tête à claques mais qui sat se montrer fidèle à ses principes. Ja-Sung, quant à lui, fait du mieux qu'il peut pour rester impassible et ne pas perdre pieds malgré le fait qu'il marche sur une corde raide, son seul repère avec la police et sa véritable identité est Kang qui ne semble pas trop s'inquiéter pour lui et sa jolie prof de Go qui joue le rôle de l'agent de liaison (la 3ème et unique personne à connaitre les détails et le chef de la police). Tout ça ne vous rappelle rien? On se retrouve en effet dans un subtil mélange entre "Election" et "Infernal Affairs" saupoudré d'une petite pincée de "A Dirty Carnival" pour le traitement sur la mafia coréenne. "New World" n'innove pas, n'est peut-être pas un film exceptionnel mais possède une aura de malade, un scénario captivant qui ne cesse d'évoluer jusqu'au dernier rebondissement des dernières minutes du film, un style et une classe proches des meilleurs films de mafieux.

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 04 Jan 2014, 06:12

Save the Green Planet! (Joon-Hwan Jang)

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Pour ce couple, c'est une évidence : les extra-terrestres sont sur le point d'avoir une emprise totale sur la planète. Certains sont même déjà sur le globe, ayant pris l'apparence d'être-humains tout à fait normaux. Décidé à empêcher cette invasion, le couple kidnappe un homme d'affaire, persuadé qu'il est l'un d'eux. Petit à petit, les choses se compliquent et un mystérieux et terrible danger rôde...

Comédie, drame, thriller, science-fiction… "Save the Green Planet!" s'amuse à utiliser tous les genres et pourrait presque s'approcher du nanar avec cette histoire déjantée et certaines scènes qui frisent le ridicule. Mais ridicule ne veut pas forcément dire mauvais et cet audacieux mélange nous permet de savourer l'un des plus bels OVNI made in Korea. Le film débute sur les chapeaux de roue, après les murmures d'un couple paranoïaque (Lee Byeong-Gu et Su-Ni) à propos d'un complot extraterrestre, ils décident de kidnapper et torturer le boss d'une grosse entreprise, Kang Man-Shik, pour lui faire avouer qu'il est un envahisseur venu d'Andromède servant directement le prince de son monde. Byeong-Gu va d'ailleurs commencer par lui raser complètement les cheveux pour qu'il ne puisse plus communiquer par télépathie avant de lui faire subir des sévices plus ou moins tordus, amusant ou très glauques.

On rit forcément au début de cette histoire complètement dingue et de la manière de s'y prendre des deux ravisseurs, de ce couple un peu comique avec leur tête d'ahuri, notamment Su-Ni qui semble un peu paumée avec sa poupée et qui acquiescent aveuglement aux divagations de son petit copain. Au lieu d'avoir pitié de Kang, on s'en amuse en voyant son visage désemparé en écoutant les théories de Byeong-Gu. Mais les évènements prennent rapidement une tournure plus glauque et dramatique, cet homme qu'il a kidnappé semble être responsable de l'état de la mère de Byeong-Gu qui est tombée dans un profond coma depuis 5 ans, ce dernier cache également un passé des plus horribles et abuse de plus en plus d'une drogue qui semble lui éviter la dépression mais le rend complètement psychotique. Son délire devient une fixation, à tel point qu'on se dit qu'il agit simplement sur le coup de la vengeance. Kang est un coriace et rend les choses incontrôlables, la police s'en mêle et les ennuis se rapprochent.

Mais Joon-Hwan Jang, le réalisateur, qui n'avait visiblement pas envie de faire les choses normalement arrivera tout de même à retourner la situation dans les dernières minutes du film pour nous livrer une fin complètement "WTF" qui expédiera aisément son film dans la catégorie "objet filmique non identifiée". Certains apprécieront ce grand moment d'humour dérisoire, d'autres grinceront des dents. Cette façon de jongler avec les émotions ne peut pas plaire à tout le monde mais rend le film très attachant et, en quelque sorte, inoubliable. "Save the Green Planet!" n'est donc pas un film comme les autres, à la fois Inquiétant, dérangeant, drôle, tordu, glauque, émouvant mais surtout reste une oeuvre à ne pas prendre au sérieux! Somewhere over the rainbow way up high...

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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 21 Jan 2014, 00:12

Nameless Gangster (Jong-bin Yoon)

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1990, République de Corée. Fonctionnaire sur la brèche, Choi Ik-hyun n’a pas hésité à rejoindre le camp des corrompus en s’associant avec le patron le plus puissant de la pègre de Busan. En moins de dix ans, ce bon père de famille s’est livré à toutes sortes d’activités illicites, se transformant peu à peu en véritable parrain. Mais face aux intimidations, les partenaires d’hier ne vont pas tarder à devenir les ennemis d’aujourd’hui...

Encore une véritable pépite tout droit sortie de la tête d'un réalisateur coréen: "Nameless Gangster". Jong-bin Yoon dépeint avec brio et surtout beaucoup d'humour le monde de la mafia (coréenne). Choi Min-Sik (Choi Ik-hyun) rempile une nouvelle fois avec une coupe de cheveux 80's un peu démodé et casse la baraque dans un rôle qui lui convient à merveille. D'abord douanier ripoux, il va se retrouver éjecter de son travail et faire la connaissance d'un parrain de Busan qui se révèle être un membre de la grande famille Choi, Choi Hyung-Bae (joué par Jung-woo Ha, le perso principal de "The Murderer"), un type taciturne au visage impassible qui fait rarement dans la dentelle. Petit à petit, au fil des années, cette saleté de hyène opportuniste qu'est Choi Ik-hyun va grimper les échelons et se faire un nom en jouant de ses multiples connexions, passant son temps à rouler les gens et à mentir comme un arracheur de dents. Les choses vont commencer à mal tourner quand il s'en prend à Kim Pan-ho un autre boss de la mafia et lorsque le procureur, autre opportuniste vicieux de l'histoire, décide de nettoyer la ville de fond en comble.

Epatant, drôle, classe, Choi Min-Sik nous éblouit une fois de plus par son talent et son charisme hors norme. Accompagné par un très bon Jung-woo Ha et une belle brochette de personnages complètement tarés: le bras droit de Hyung-Bae, toujours froid et classe ou le beau frère de Ik-hyun, soit disant grand athlète et champion de karaté qui se la pète mais se mange toujours des raclées.



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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Sscrew49 » 01 Fév 2014, 00:48

Je me suis pris The Murderer en blu-ray, ça sera donc mon prochain.

Sinon, je suis tombe sur "Hope" : http://eastasia.fr/2013/11/22/critiques ... brut-ffcp/ Il a l'air excellent mais malheureusement, aucune solution ne semble exister pour le voir... :(
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Re: CINEMA ASIATIQUE

Messagede Loup Blanc » 10 Mar 2014, 06:03

Shokuzai (Kiyoshi Kurosawa)

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Emili, une petite fille est tout juste transférée dans sa nouvelle école. Elle se fait rapidement des amies dans sa classe: Maki, Sae, Akiko et Yuka. Mais cela sera de courte durée. Alors qu'elles jouent ensemble sur le terrain de l'école, un homme les aborde et leur demande de l'aide pour un travail qu'il doit effectuer sur la ventilation du gymnase. Emili décide de l'accompagner. Les 4 fillettes, inquiète pour leur amie décide de se rendre au gymnase, elles retrouvent le corps de leur camarade sans vie allongée sur le sol. Interrogées par la Police, elles sont incapables de se souvenir de quoi que ce soit suite au choque subit. Effondrée et rongée par la haine, la mère d'Emili les mets au pied du mur et leur demander de se souvenir du visage du meurtrier ou d'expier d'une façon ou d'une autre. 15 ans après, les témoins de ce crime odieux sont toujours hantés par cet événement et, tenus par cette promesse, peinent à vivre une vie normale...


Shokuzai est à l'origine un drama qui a été divisé en 5 épisodes pour la télévision japonaise et diffusé en 2012. Pour la version cinéma, Kiyoshi Kurosawa a décidé de remonter le film en 2 parties de 4h30 au total: "Shokuzai: celles qui voulaient se souvenir" et "Shokuzai: celles qui voulaient oublier". Pour les plus réfractaires aux séries télévisées nippones, ne paniquez pas, à aucun moment on ne se sent devant un drama (pas un drama pur en tout cas). On suit donc l'histoire de 4 jeunes femmes qui tentent de vivre malgré le traumatisme subit dans leur enfance, 4 jeunes femmes qui sont reliées directement à une seule: Asako, la mère de leur amie violée et tué par un homme dont elle ont oublié le visage. Tenue par la promesse de retrouver le meurtrier ou d'expier (shokuzai = expiation), elles essaient de vivre tant bien que mal 15 ans après ce malheureux événement.

Je n'ai regardé que la première partie pour le moment et j'en ressors avec une belle claque dans la gueule. Kiyoshi Kurosawa semble avoir délaissé le genre thriller/épouvante pour se concentrer sur les drames depuis "Tokyo Sonata" mais son style reste cependant intact: Des environnement toujours très ternes, des couleurs très froides, des musiques discrètes mais réellement oppressantes et des scènes à vous glacer le sang. L'histoire démarre rapidement, pas trop le temps de profiter des moments joyeux des 5 fillettes qu'on se retrouve malheureusement face à la méchanceté d'une personne rongée par le chagrin suite à la mort de sa fille. L'odieuse Asako va déposer un lourd fardeau sur les épaules de 4 enfants.

Dans la première partie, on découvre donc Sae et Maki, 15 ans plus tard:

-Sae est devenue une jolie jeune femme mais semble la plus traumatisée des deux. Elle se méfie des hommes et se sent toujours menacée en marchant dans une rue déserte. De plus elle n'a jamais eu ses règles et se considère donc comme une reproductrice défectueuse lorsque un ancien élève de son école, Takahiro lui propose un mariage arrangé. Mariage qu'elle acceptera finalement, mais Takahiro semble caché un passé trouble et son comportement est des plus étranges envers Sae, qu'il considère comme une poupée...

-Maki est devenue enseignante et s'est forgée un caractère. Elle n'a pas oublié et est très stricte avec ses élèves, parfois trop perdant rapidement son sang froid. Se faisant souvent réprimander par les parents et l'adjoint du proviseur, elle va inverser la situation le jour où un type entre dans l'école avec un couteau dans l'intention de tuer les enfants. Elle va alors intercepter violemment l'individu...

Sae et Maki vont revoir Asako qui ne tarde pas à leur rappeler qu'elles ont une promesse à respecter. Chose qu'elles n'ont évidemment pas oublié, elles arriveront à la tenir chacune à leur manière. 2 parties très différentes, 2 femmes qui ont évolué différemment mais qui portent toutes deux le même fardeau. La partie avec Sae est extrêmement bizarre, oppressante et triste à la fois, on sent tout le génie de K.Kurosawa et l'intérêt d'avoir le monsieur derrière la caméra qui a déjà de l'expérience pour jouer avec nos nerfs et nous montrer la plus grande ville au monde la moins vivante possible, à l'instar de "Cure" ou "Kairo". Celle avec Maki critique directement le système scolaire Japonais où les parents font plus la loi que les professeurs qui sont toujours tenus responsables du moindre problème, et où les responsables de l'école passent leur temps à faire de la lèche pour préserver la bonne réputation de leur établissement.

J'essaierai de voir la seconde partie demain et j'éditerai mon post. Pour l'instant, je peux dire que le film mérite clairement qu'on s'y attarde. Magnifiquement réalisé, touchant et dérangeant. Précédé d'un A ou d'un K, un Kurosawa reste un Kurosawa: aucune lien de parenté, une génération différente, un genre et un style différents, mais ils nous servent toujours de grands crus. :wink:




EDIT:

J'ai finalement vu la seconde partie "Shokuzai: Celles qui voulaient oublier" avec l'histoire d'Akiko et Yuka qui contrairement aux deux premières essaient d'oublier ce qu'il s'est passé:

-Akiko a toujours eu un comportement assez étrange depuis son enfance. 15 ans après on la retrouve en prison. Elle demande alors à voir Asako pour lui raconter son histoire. Elle continuait ainsi de vivre recluse dans sa chambre aux crochets de ses parents et d'une mère trop protectrice. Son frère Koji revient soudainement dans la région en compagnie de sa récente femme et de sa jeune fille Wakaba (issue de la relation précédente de son épouse). Akiko se rapproche de la jeune fille et remarque que son frère agit bizarrement depuis son retour...

Magnifique passage du film, surement l'un des meilleurs avec celui de Sae. Passage froid et odieux, joué remarquablement par l’envoûtante Sakura Ando (déjà remarquable dans "Love Exposure") et son visage atypique, inexpressif mais tellement puissant tel un masque de nô. Avec une musique écossaise surprenante et entraînante qui semble exprimer les sentiments d'Akiko, autant les bons que les mauvais.

-Yuka est fleuriste et tient sa propre boutique à Tokyo. Devenue une belle jeune femme, elle semble aussi celle qui réussit le mieux à surmonter son passé. Mais derrière ses apparences de jeune femme innocente, se cache une vraie peste égoïste. Proche de son unique sœur, elle semble aussi prendre plaisir à tout lui voler. Mais par le plus grand des hasards, alors qu'elle semble avoir tiré un trait sur les événements d'il y a 15 ans, elle reconnait la voix du tueur à la radio...

La dernière partie se consacre alors à Asako. Celle qui est en parti responsable de cette promesse qui a bouleversé la vie de 4 jeunes filles va voir sa malédiction se retourner contre elle et découvrir l'effroyable vérité. La conclusion d'un film magnifique qui lève entièrement le brouillard entourant toute cette histoire.
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